Portrait — Édition 2026

THE
RETURN

Nawel × Midnight Bloom Paris

31 mai 2026

« Le retour n'est jamais un retour vers le passé. C'est souvent une nouvelle version de soi. »

Agen. Une ville du Sud-Ouest qu'on n'associe pas spontanément aux grandes scènes ni aux plateaux de télévision — et qui pourtant fabrique des voix, discrètement, sans en faire de bruit. Francis Cabrel, légende vivante de la chanson française, est d'Astaffort, tout près. Stéphan Rizon, premier grand gagnant de The Voice France, en est originaire. Jeanne Viard, révélée par la Star Academy, aussi. Il y a quelque chose dans cette région, quelque chose dans l'air du Sud-Ouest, qui donne à ceux qui en viennent une façon particulière de tenir à leur musique — avec obstination, avec sincérité, sans chercher la permission de personne.

Nawel a 19 ans, elle est originaire d'Agen. Elle chante depuis l'âge de 7 ans, elle a fait The Voice Kids à l'âge où d'autres découvraient à peine leur première passion, et The Voice adulte à 18 ans à peine. THE RETURN — c'est le titre qu'elle a choisi pour ce projet, et il résonne à plusieurs niveaux : un retour à elle-même, à cette version plus vraie qu'elle a mis des années à construire, et un retour à ce qui la fonde — cette ville, cette famille, cette voix qu'on a essayé d'éteindre et qui n'a fait que grandir.

THE RETURN — Nawel × Midnight Bloom Paris
Introduction

19h30, devant le théâtre Ducourneau. La lumière change. C'est la Golden Hour — ce moment où le soleil, en disparaissant derrière les toits d'Agen, pose sur les pierres et les pavés une teinte dorée qu'aucun studio ne peut reproduire. Fahd, directeur artistique et photographe de Midnight Bloom Paris, a choisi cet endroit et cette heure avec précision. Le vision board qu'il avait préparé en amont — validé par Nawel avant le shooting — était clair : quelque chose d'élégant, d'urbain, d'ancré. Quelque chose qui lui ressemble.

Nawel arrive, tout en noir. Elle connaît cet espace — ces rues, ces bâtiments, ce centre historique qui a vu grandir d'autres artistes avant elle. Ce soir-là, devant la façade du théâtre, quelque chose est évident : cette ville n'est pas seulement le point de départ de son histoire. Elle en est aussi, d'une certaine façon, le personnage principal.

Nawel — Agen, théâtre Ducourneau Nawel — Agen, théâtre Ducourneau
I — Alignée

La femme
derrière
la voix

Nawel se décrit en trois mots : ambitieuse, lumineuse, résiliente. Une triade qui pourrait sonner comme une formule, si elle n'était pas portée par quelque chose de manifestement vécu. Ce qui a le plus changé ces dernières années ? Sa confiance en elle. Non pas l'arrogance de circonstance, mais cette assurance tranquille de quelqu'un qui a appris, à force d'épreuves, à se faire confiance.

« Avant, je doutais beaucoup. Je cherchais peut-être plus à plaire, à rentrer dans certaines cases. » Cette phrase, elle la dit avec la légèreté de ce qui est définitivement derrière soi. Ce qui reste, c'est autre chose : une clarté sur sa propre valeur, et la conviction que tout ce qu'elle a traversé — même les moments les plus sombres — l'a construite.

Ce qu'elle ne dit pas tout de suite, mais finit par confier : pendant des années, au collège et au lycée, Nawel a été harcelée. Pour sa musique. Pour sa façon d'être. Pour elle, tout court. Les mots qu'on lui jetait à la figure avaient cette précision cruelle du harcèlement ciblé.

« T'es qu'une merde. »

« Tu réussiras jamais. »

« Arrête de chanter, il va pleuvoir. »

Elle a très mal vécu ces années. Si mal qu'elle a traversé le confinement de 2020 avec un soulagement que peu de gens auraient compris. « Pendant que d'autres pensaient absolument à voir du monde, moi je me régalais coupée du monde. » Ces années-là ont créé des insécurités profondes. Elles ont aussi forgé quelque chose d'irréductible. Nawel s'est relevée — et pas à moitié. « De toute façon, il n'y a pas de raison pour le harcèlement — soit t'es épargné, soit tu ne l'es pas. J'ai enfin appris à connaître ma valeur. N'en déplaisent à certains — s'ils ne m'appréciaient pas, ils étaient faits pour disparaître de ma vie. »

Nawel
« Aujourd'hui, j'apprends à m'écouter davantage. À assumer qui je suis, ma personnalité, ma sensibilité, mes rêves. J'ai aussi compris que tout ce que j'ai vécu, même les moments difficiles, m'ont construite. » — Nawel
Nawel Nawel
II — La musique et la danse

Sept ans.
L'âge de
tout.

La musique n'est pas arrivée dans la vie de Nawel comme une option parmi d'autres. Elle s'est imposée un après-midi de forum associatif, alors qu'elle performait avec son club d'aérobic et qu'un inconnu, sur scène avec une guitare, a tout fait basculer. « J'ai su immédiatement que c'était vraiment ça que je devais faire. » Sept ans. L'âge de toutes les certitudes.

La musique devient alors bien plus qu'une passion — un refuge, une façon de s'exprimer quand les mots ne suffisent pas. Pour une petite fille qui allait bientôt traverser des années difficiles, ce n'est pas anodin. Chanter, c'est la chose qu'on ne peut pas lui enlever. Même quand on essaie. Même quand on lui dit d'arrêter parce qu'il va pleuvoir.

La danse, elle, est arrivée plus tard — et elle a pris une place que Nawel elle-même n'avait pas anticipée. « J'avais ce besoin de me surpasser, de me dépenser. Je n'aurais jamais pensé que la danse prendrait autant de place. » Ce n'est pas un complément au chant. C'est un autre langage. Là où la voix exprime, le corps libère. Là où le chant dit, la danse montre. Et Nawel, qui aime le show, qui aime donner de vraies performances, a compris que l'une sans l'autre ne racontait qu'une partie de qui elle est.

C'est d'ailleurs dans cet espace entre les deux disciplines qu'elle a trouvé ses vraies influences : Yebba, Jorja Smith, Beyoncé, Jazmine Sullivan, SZA. Des femmes complètes — qui chantent, qui bougent, qui écrivent, qui assument pleinement leur univers. Ce qui les réunit : l'authenticité érigée en esthétique, la vulnérabilité transformée en force. La chanson qui résume peut-être tout cela mieux que n'importe quelle biographie : My Mind, de Yebba.

« Le chant me permet d'exprimer mes émotions. La danse me permet de les libérer complètement. C'est plus brut, plus instinctif. Les deux se complètent énormément dans ma manière d'être artiste. » — Nawel
Nawel Nawel
III — The Voice : ce qu'on ne voit pas
Nawel

Sur scène.
Pour de vrai.

Le 8 février 2025, Nawel monte sur la scène de The Voice adulte. Elle a 18 ans à peine. Derrière elle, une première expérience en Kids qui lui a appris ce que les plateaux peuvent donner — et ce qu'ils peuvent coûter. Devant elle, quelque chose de nouveau : se présenter non plus comme une enfant qu'on découvre, mais comme une artiste qu'on ne peut pas ignorer.

Ce que le public voit à l'écran n'est que la surface visible d'un travail considérable. Derrière chaque prestation, il y a des journées épuisantes, une préparation minutieuse, une quantité de choses à assimiler et à retenir qui dépasse ce qu'on imagine depuis son canapé. L'équipe est totalement présente — à l'écoute, disponible, là pour accompagner chaque candidat de A à Z. Nawel tient à nommer ceux qu'on ne voit jamais à l'écran. Michael Besigot, coach vocal, l'a accompagnée des castings jusqu'à l'audition à l'aveugle — elle le remercie profondément. Damien Silvert, coach attitré de la team Vianney, était là à chaque étape. Et puis il y a Aziz Balki et Layo, metteurs en scène croisés par hasard sur un tournage non prévu — « une bête de scène », dit-elle simplement, avec dans la voix quelque chose qui ressemble à de l'admiration sincère.

Pour son audition à l'aveugle, Nawel choisit Confessions nocturnes — un classique de Vitaa et Diam's, sorti l'année de sa naissance. Un choix qui ne doit rien au hasard : c'est une chanson sur la trahison, la douleur, la détermination — trois choses qu'elle connaît intimement. Le défi technique est redoutable : tenir vocalement les refrains de Vitaa — une grande chanteuse dont la partie exige une maîtrise précise de la respiration et du placement — et rapper les couplets de Diam's pour la toute première fois sur scène. Nawel ne l'avait jamais fait. Elle l'a fait. Et lorsqu'on lui demande ce que cette chanson représente personnellement pour elle, elle répond avec une telle passion, un tel souffle, qu'à la question suivante — elle s'arrête, sourit, et dit spontanément : « Je suis trop dissipée, j'ai déjà répondu à cette question dans la question d'avant. »

« La dualité se voyait carrément à l'écran — non seulement dans ma prestation vocale, mais aussi sur l'écran derrière moi. Les parties de Vitaa étaient représentées avec un ciel nuageux bleu — désespoir, trahison, tristesse. Celles de Diam's avec un ciel nuageux rouge — la raison, la détermination. »

Deux coachs se retournent : Florent Pagny et Vianney. Nawel était « 100 % team Florent Pagny » — jusqu'à ce que Vianney prononce une phrase. Une seule. Et tout bascule.

« T'es une flamme et les flammes, je les éteins pas. »

Elle choisit Vianney. Ce moment-là, elle ne l'oubliera jamais. Et au-delà du choix du coach, c'est toute l'expérience humaine de The Voice qui reste gravée. Tous les candidats logent au même endroit — même hôtel, mêmes couloirs, mêmes repas partagés. Les meilleurs moments ne sont pas ceux qu'on voit à l'écran. Ce sont ceux-là, entre candidats, loin des caméras, dans cette bulle hors du temps que crée l'émission.

« The Voice adulte, c'était une expérience incroyable qui m'a appris énormément de choses, mais surtout qui m'a fait me surpasser et donner confiance en moi. C'est aussi une aventure humainement tellement enrichissante. Les meilleurs moments étaient ceux où on était tous ensemble. »

Quant aux secrets de coulisses — on lui pose la question directement : y a-t-il une anecdote, un secret de tournage à partager ?

« Un secret, c'est un secret, non ? 👀 »

Puis, après ce bref instant de mystère, elle se laisse aller à une confidence. Un soir de tournage, toute la team Vianney fait des cœurs sur le tableau pour les talents qui s'affrontent le lendemain. Nawel est proche de ces candidats-là. Elle connaît déjà le résultat, sait que certains vont partir et d'autres rester, et elle y est profondément attachée. Et le lendemain, c'est elle qui doit monter sur scène à son tour — portant tout cela avec elle, sans le montrer.

« The Voice, c'est un ascenseur émotionnel plein d'adrénaline. »

Ce que The Voice a changé concrètement : une présence sur les réseaux, une vision de carrière, une façon de se penser comme artiste à part entière. Un vrai tremplin médiatique — et surtout, la confirmation intime de quelque chose qu'elle savait peut-être déjà : « J'ai appris que je suis suffisante. »

À la fin de l'aventure, quand chacun repart dans sa ville, son pays, sa vie d'avant — le crève-cœur est réel. Ces liens-là ne ressemblent à aucun autre. Ils se sont formés dans la pression, dans la vulnérabilité, dans le partage d'une expérience que peu de gens peuvent comprendre de l'extérieur.

« Une fois que l'aventure est finie, c'est un crève-cœur de tous se laisser, car chacun habite dans des villes, voire des pays différents. Je l'ai tellement bien vécu que je n'ai rien à redire de négatif dessus. »

Nawel Nawel
IV — La famille comme fondation

Il y a une constante dans le parcours de Nawel, quelque chose qui revient dans chaque réponse sans jamais être explicitement au centre : sa famille. THE RETURN, c'est aussi cela — revenir à ce qui fonde, à ceux qui ont toujours été là, avant les plateaux, avant les caméras, avant que quiconque d'autre ne croie en elle. À chaque étape de The Voice, ils étaient présents. À chaque audition, chaque doute, chaque victoire.

« Je sais bien que ces milieux-là sont difficiles et que plus d'un parent n'y aurait jamais cru ou n'aurait jamais aidé son enfant. » Cette phrase dit tout — non pas la chance d'avoir du talent, mais celle d'avoir des gens qui y ont cru avec elle, concrètement. « Je leur serai toujours reconnaissante. Ils m'ont toujours soutenue, félicitée, réconfortée et accompagnée. En gros, je les aime. »

C'est aussi pour eux qu'elle garde sa vie privée hors champ. Pas par méfiance envers le public — par protection. « C'est la chose la plus précieuse dans ma vie. Ils ont leur place dans ma vie — pas là-dedans. » Une frontière claire, posée sans excuses. La même clarté qu'elle applique à tout le reste.

« Sachez que vous êtes suffisants. N'essayez pas d'en faire trop ou d'être quelqu'un d'autre. Vous êtes uniques et vous méritez ce qui vous arrive. »
— Nawel
Nawel Nawel
V — The Return

Pas un
retour.
Une arrivée.

THE RETURN, pour Nawel, ce n'est pas regarder en arrière. C'est quelque chose de plus précis et de plus personnel : avancer vers une version d'elle-même qu'elle reconnaît enfin pleinement. Son style s'affirme — R&B old school et contemporain, esthétique street années 2000, vibes Jorja Smith, Summer Walker, Aaliyah. Une cohérence visuelle et musicale qui ne s'explique pas, elle se ressent.

« Mon esprit a changé. Je m'affirme — moi, mon style, mes pensées, mon écriture. » Il y a la Nawel qu'on a vue à la télévision — talentueuse, déterminée, déjà formée. Et il y a celle qui se construit en dehors des plateaux, dans ces moments de solitude qu'elle chérit — juste avant de dormir, quand elle fait le point sur elle-même, sur ce qui a avancé, sur ce dont elle a besoin.

Si elle pouvait parler à la Nawel d'il y a quelques années — celle qui encaissait les mots sans pouvoir répondre — que lui dirait-elle ? « De croire en elle. Que tout vient à point à qui sait attendre. De ne rien lâcher. Et surtout d'apprendre à être seule, parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. »

Ce qu'elle prépare, elle n'en dit pas beaucoup plus. Elle le formule en quelques mots, avec un regard qui en dit long — et ce demi-sourire de quelqu'un qui sait exactement ce qui arrive, et qui savoure de le savoir seule, pour l'instant.

« Le prochain chapitre que j'ai envie d'écrire, c'est moi. Mon histoire. Mon album. Mon show. »
Nawel Nawel

Ce soir-là, devant le théâtre Ducourneau, alors que la lumière de la Golden Hour finissait de dorer les pavés d'Agen, il y avait quelque chose d'évident dans l'air. Dans cette terre qui a vu naître Francis Cabrel, Stéphan Rizon ou plus récemment Jeanne Viard, Nawel écrit désormais son propre chapitre. Pas celui qu'on lui avait prédit. Pas celui qu'on l'avait encouragée à abandonner. Le sien.

La gamine qu'on a voulu faire taire pour sa musique — « Arrête de chanter, il va pleuvoir » — est en train de construire quelque chose. Elle a 19 ans, une voix qui porte autant qu'elle émeut, et une façon de regarder devant elle qui n'appartient qu'à elle. Cette certitude-là, personne ne la lui a donnée. Elle l'a gagnée — à force de chanter quand on lui demandait d'arrêter, d'avancer quand on lui prédisait l'échec.

Elle ne revient pas. Elle arrive.

« Plein de belles choses arrivent.
Stay tuned. »
Fast Talk
Nawel

Café ou thé ?

Café

Lever tôt ou coucher tard ?

Coucher tard

Une chanson qui te représente

SZA — Good Days

Une couleur qui te ressemble ?

Le rouge

Une ville qui te correspond ?

Marseille

Une émotion en ce moment ?

La joie de vivre à l'état pur

Une personne qui t'inspire ?

Jorja Smith

Danse ou chant ?

Les deux — impossible de choisir

Scène ou studio ?

Scène. Live.

Un mot pour ton année ?

Renaissance

Destination demain ?

Les Antilles

Une qualité selon tes proches ?

Un rayon de soleil